Je dis absolument infini, et pas infini en son genre. En effet, d’une chose qui est infinie seulement dans son genre, nous pouvons nier une infinité d’attributs; mais quant à ce qui est absolument infini, tout ce qui exprime une essence appartient à son essence et il n’implique aucune négation.
Cette idée d’être absolument infinie enveloppe le principe selon lequel l’infini ne peut nier quoi que ce soit. C’est donc un concept positif qui n’admet aucune limite.
Ceci prolonge d’une certaine manière des exemple donnés dans la définition 2 : si un corps fini ne peut limiter une pensée finie, à plus forte raison l’extension infinie ne peut elle-même limiter le penser infini. Les attributs, bien que étant chacun «en son genre», ils évacuent toute possibilité de limitation, et ainsi, dans leur relativité même, sont porteurs d’absolu. L’être infiniment infini s’affirme à travers toutes les essences infinies, et ainsi les unifie absolument.
Dico absolute infinitum, non autem in suo genere; quicquid enim in suo genere tantum infinitum est, infinita de eo attributa negare possumus; quod autem absolute infinitum est, ad ejus essentiam pertinet quicquid essentiam exprimit et negationem nullam involvit.
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