Spinoza

Spinoza a vécu du 24 novembre 1632 à 21 février 1677 à Amsterdam.

Il a grandi dans la communauté juive portugaise d’Amsterdam dont il est exclu le 27 juillet 1656. Il quitte alors l’entreprise familiale, qu’il avait hérité avec son frère, et gagnera sa vie en taillant des lentilles optiques.

En 1660 ou 1661, il quitte Amsterdam pour s’installer à Rijnsburg. Il déménage à nouveau en 1663 à Voorburg, puis, entre fin 1669 et début 1671, une dernière fois à La Haye.

Ses œuvres

Spinoza, qui apprend le latin et la culture classique dans l’école de Franciscus van den Enden, a écrit surtout en latin. Or, certains de ses ouvrages, dont une partie de l’Éthique, avaient déjà été traduites en néerlandais dans les années 1663-1665.

Les Principes de la philosophie de Descartes est publié en néerlandais en 1664.

Spinoza commence à écrire l’Éthique déjà entre 1661 et 1663. Or entre 1665 et 1669/70 il l’interrompt pour écrire – et publier anonymement en 1670 – le Traité Théologico Politique.  Ce livre sera interdit en 1674.

En 1675 Spinoza renonce à publier l’Éthique par précaution et demande à son éditeur et à ses amis de le faire publier après sa mort.

Les derniers années de sa vie il entreprend à rédiger le Traité Politique, qui restera inachevé.

Après sa mort ses amis publient alors ses œuvres posthumes en latin (Opera posthuma) et en traduction néerlandaise (Nagelate Schriften). Ils contiennent l’Éthique, des lettres et trois traités inachevés : le Traité de l’émendation de l’intellect aussi connu comme Traité de la réforme de l’entendement, le Traité politique et l’Abrégé de grammaire hébraïque.

Entre 1665 et 1677 Spinoza rédige le Traité Politique qui demeure inachevé.

Autre versions de l’Éthique

En 1674 une copie de l’Éthique a été fait pour Ehrenfried Walter Tschirnhaus, d’origine allemande, qui vivait et étudiait entre 1669 et 1674 aux Pays-Bas.

Après la mort de Spinoza Tschirnhaus confie le manuscrit à Niels Stensen qui, ayant deviné que l’auteur était Spinoza, apporta le manuscrit à l’inquisition, afin de faire condamner l’ouvrage. Au XXe siècle un grand nombre de documents et livres ont été transférés des archives de l’inquisition à la bibliothèque du Vatican. C’est là où cette copie a été retrouvé en 2010 par Leen Spruit. C’est le seul manuscrit de l’Éthique qui ait survécu.

Différences des versions

Comme le remarque Pierre-François Moreau dans son ouvrage Spinoza et le spinozisme, « Le manuscrit du Vatican a permis de mesurer les interventions effectuées par ses amis pour la rédaction des textes. En fait celles-ci ont été modestes. Ils ont surtout corrigé des fautes, contrôlé et rectifié les renvois géométriques, remédié à des équivoques dans la formulation et la ponctuation et parfois assoupli des expressions ou des phrases. Dans le cas de l’Éthique, les amis sont même allés jusqu’à polir quelque peu le texte latin et à modifier parfois les tournures stéréotypées pour les adapter à la publication. »

 

Les Pays-Bas a constitué, à l’époque où vivait Spinoza, un véritable laboratoire des pratiques et des idées. Notamment sa province la Hollande a joué un rôle important en Europe, à la fois sur le plan intellectuel, économique, social et politique.

Défense de la liberté

Au milieu du XVIIe siècle, les Provinces-Unies se caractérisent par une liberté de penser et d’imprimer inconnue ailleurs en Europe. Le prestige des universités et des publications est lié à la tradition érasmienne et à la révolution scientifique.

D’innombrables personnes, dont Spinoza, ont contribué à créer une atmosphère de libre discussion, même sur les problèmes religieux et politiques. C’est pourquoi nombre de personnes persécutés ailleurs sont venu s’y installer et que sont imprimés aux Provinces-Unies les livres qui ne pourraient être publiés dans les pays où ils sont écrits.