En effet, une telle existence se conçoit comme une vérité éternelle, tout comme l’essence de la chose, et pour cette raison elle ne peut s’expliquer par la durée ou le temps, même par une durée que l’on concevrait n’ayant ni commencement ni fin.
Spinoza semble donc penser ici l’éternité sur le modèle des vérités éternelles que sont les vérités mathématiques. La définition de quelque chose exprime son essence et donc, comme cette essence, est éternelle son existence est aussi éternelle. Cette existence est, après tout, fondée sur la définition même éternelle et immuable de son essence. C’est ce qui conduit Spinoza à expliquer que l’éternité n’est pas une durée illimitée, mais une forme d’existence se comprenant sans référence aucune à la durée.
La distinction entre l’essence de quelque chose et son existence devra être clarifiée plus tard, mais il est déjà clair maintenant qu’au moins pour la substance les deux coïncident, comme il ressort de la première définition.
Talis enim existentia ut æterna veritas sicut rei essentia concipitur proptereaque per durationem aut tempus explicari non potest tametsi duratio principio et fine carere concipiatur.
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