E2 Préambule


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Traduction

J’en viens maintenant à expliquer les choses qui durent nécessairement suivre de l’essence de la substance-dieu, autrement dit de l’étant éternel et infini. Pas toutes, évidemment, car il en dut suivre une infinité d’une infinité de manières, nous l’avons démontré à la Prop. 16 Part. 1, mais seulement celles qui peuvent nous conduire comme par la main à la connaissance de la mens humaine et de sa suprême béatitude.


Commentaire

Spinoza annonce clairement ici qu’il ne prendra en compte, dans cette partie de l’Éthique, que les choses qui peuvent nous faire comprendre la mens humaine. C’est que, comme il l’annonce dans la démonstration E2p11d : « L’essence de l’être humain est constituée […] par des modes du penser»

Or cette deuxième partie ne s’appelle pas «de mente» mais «de natura et origine mentis».

Nous nous attendons alors, d’une part, à une déduction de l’essence des mentes, des caractères propres de la réalité mentale et, d’autre part, d’une explication du processus de production de la mens et de ses idées. Autrement dit, comment les différents fonctionnements de la mens sont produites, c’est-à-dire l’imagination, la raison, la connaissance intuitive, dont chacune est une des formes des modalisations de la mens suivant la façon qu’elle a à chaque fois de produire ses idées.

Dans cette 2e partie Spinoza utiliser le terme mens notamment pour traiter des problèmes épistémologiques, c’est-à-dire des problèmes de la théorie de la connaissance. Cela pourrai être une raison de le traduire par le terme «esprit». Or, dans la 3e partie, il utilisera le même terme mens pour des problèmes des affects, ce qui pourra nous inciter à le traduire par âme.

Or, Spinoza se sert le plus souvent de cet unique terme de mens, non seulement pour le rapport avec la substance, mais aussi pour la question de la vérité et de l’erreur et des types de connaissance, ainsi que pour la question des affects et de la conduite humaine et même pour la question du salut ou de la béatitude humaine. Alors il nous semble qu’il vaut mieux ne pas traduire ce terme si chargé tout au long de l’Éthique. C’est-à-dire que Spinoza fait l’effort d’affirmer l’unité de la mens et de rammener tous les problèmes à ce terme unique.

Même si, en fait, la plus grande partie de l’Éthique va être consacré aux affects et non pas à la connaissance, ce n’est pas un hasard que Spinoza charge d’un terme unique de ces deux significations en même temps.


Texte latin

Transeo jam ad ea explicanda quæ ex Dei sive Entis æterni et infiniti essentia necessario debuerunt sequi. Non quidem omnia; infinita enim infinitis modis ex ipsa debere sequi propositione 16 partis I demonstravimus sed ea solummodo quæ nos ad mentis humanæ ejusque summæ beatitudinis cognitionem quasi manu ducere possunt.


Ascendances

Descendances

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Références

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